Daniel ZIMMERMANN quartet "Montagnes Russes"

Siteperso Facebook Soundcloud Deezer

Daniel Zimmermannn présente chaque morceau avec son humour pince-sans-rire, teinté de critique socio-politique : la musique est aussi un sport de combat. La très forte expressivité qui se manifestait sur le disque se trouve amplifiée sur scène, par la communication directe avec le public. Les thèmes portent souvent une teinte de mélancolie, soulignée par le timbre du trombone. La scène offre aussi la faculté de s’étendre dans l’improvisation, de tester de nouvelles interactions entre les partenaires du groupe, totalement engagés, et qui ne manquent ni de talent, ni d’initiative. C’est constamment très vivant, avec des rebonds ludiques et des émois partagés. Qu’il s’agisse d’évoquer la fuite du temps (Au Temps ôtant), ou le génocide du Ruanda (Dans le nu de la vie), les sentiments affleurent dans la sonorité du trombone, dans les sons retenus de la guitare, dans le dialogue constant entre les instruments. Mais comme le dit le leader, on ne peut pas constamment «se mettre la rate au court-bouillon». Alors il y a aussi les effusions rythmiques venues du jazz, de la soul et du rock, musiques auxquelles ont biberonné ces musiciens. Et ce sera Mamelles, un thème que Daniel Zimmermann a joué naguère avec Thomas de Pourquery (avec lequel il partageait alors un quintette). Au fil du concert le tromboniste gère magnifiquement le périlleux conflit qui oppose, pour les souffleurs comme pour les vocalistes (qu’ils soient de jazz ou d’opéra) justesse et expressivité. Le guitariste cisèle ses phrases et ses accords , en constante interaction avec les soliste, tout en s’offrant des escapades inattendues, et souvent décoiffantes. Le bassiste gère avec maîtrise et inventivité une palette très large, étoffée par un grand renfort d’effets électroniques et, même quand la basse gronde de vibrations telluriques, le son est constamment lisible, et pertinent, d’autant que ses lignes, toujours propulsives, contournent les clichés et s’épanouissent dans une complexité dépourvue d’ostentation. Quant au batteur, s’il fournit constamment l’assise indispensable, il distille aussi une foule de micro-événements qui accentue encore, s’il en était besoin, la vitalité de l’ensemble. Bref un vrai beau concert, réussi, comme on les aime.